La dernière lettre

19/07/2021

Cette fois-ci c'est en compagnie d'Odetta et de Julien* que nous nous rendons au théâtre actuel pour assister à la dernière création très attendue de Violaine Arsac et dont elle m'avait parlé en interview : la dernière lettre. Et pour cette pièce, c'est décidé, je n'attendrai pas deux ans pour y assister.

La vie d'Anna Larcher, une journaliste française expatriée aux Etats-Unis, est bouleversée par l'assassinat de son mari. Aidée des conseils de son beau-frère avocat lui-même expatrié, ils réussissent à faire condamner le coupable Michaël Ellis. Peu de temps après le verdict, telle n'est pas la surprise d'Anna que de voir débarquer Clémence Robin, une autre française vivant aux Etats-Unis, bénévole dans une association travaillant sur la justice restaurative. Aidée d'une avocate plutôt timide mais déterminée, Clémence est porteuse d'une lettre de Michaël Ellis. Ce dernier souhaite prendre contact avec l'épouse de sa victime. A partir de là, les certitudes d'Anna commencent à vaciller au profit de la recherche de vérité.

La dernière lettre est une œuvre à la croisée de plusieurs mondes : les visions du camp de la victime et du camp du coupable, des personnes souhaitant voir condamner un assassin et celles souhaitant que la vérité éclate coute que coute, un avocat redoutable en mode bulldozer et une avocate réfléchie ne voulant pas plaider (pratique pour ses clients). Et pourtant, ces deux univers qui semblent évoluer en parallèle, se rejoignent progressivement, déjà par le biais de ces deux femmes, certes très différentes mais qu'un malheur indescriptible réuni. Puis dans un deuxième temps, emportée par leur élan, l'œuvre entière bascule dans un objectif commun de recherche de vérité.

Sur scène, une estrade en forme de U et construite sur plusieurs niveaux entoure l'espace. Au fond, sur le niveau le plus haut, celle-ci est symboliquement cernée de barreaux de prison. Cette passerelle carcérale trace le trait d'union entre le bureau plutôt bien rangé d'Anna, celui très désordonné de l'association. Elle permet le changement d'espace pour les protagonistes. Des tables gigognes sont disposées de part et d'autre de la scène mais qui en se réunissant, mettront fin à cette séparation de l'espace scénique pour permettre la rencontre des deux parties. 

Au sortir de cette pièce j'avoue être encore plus admirative du travail de Violaine Arsac (voir article sur les passagers de l'aube). En effet, avec un réalisme poussé à l'extrême l'auteure et metteuse en scène traite d'un sujet loin d'être simple, qui interpelle son audience sur le poids de la rédemption. 
La dernière lettre ou une bien jolie pépite de ce festival d'Avignon 2021. Amies festivalières, amis festivaliers attendez-vous à être émues/émus aux larmes.

Et maintenant, à vous de jouer !
Maria-Nella

Texte : Violaine Arsac
Mise en scène : Violaine Arsac
Interprète(s) : Marie Bunel, Noémie de Lattre, Mathilde Moulinat, Grégory Corre
Lumières : R. Saintot
Assist. Mise en scène :S. Froeliger
Musique : R. Trouillet
Scénographie : C. Mexme

Les prénoms ont été changés

Théâtre actuel les 13, 20, 27 juillet à 10h00 et du 7 au 31 juillet à 16h35 - Relâches : 12, 19, 26 juillet

https://www.festivaloffavignon.com/programme/2021/la-derniere-lettre-s27873/

Représentation du 18 juillet 2021