Super Freak : comment écrire un film d’horreur US sans se fatiguer

21/11/2021

Il y a quelques temps, bien avant que le côté obscur de la force nommé « Covid Machin » envahisse notre chère planète Terre, j'ai assisté par deux fois à un spectacle pour le moins original : « Pølår. Comment écrire un polar suédois sans se fatiguer » de la compagnie le retour du nabot Léon. Au travers d'une enquête de police, cette comédie exposait une méthode pour apprendre à écrire un polar suédois en mode littérature Millénium. Aujourd'hui, la compagnie le retour du nabot Léon récidive avec sa nouvelle comédie : Super Freak: comment écrire un film d'horreur US sans se fatiguer.

Comme dans leur premier spectacle, le public prend place alors que le rideau est déjà levé. A jardin, un écriteau est posé à même le sol avec la mention « Ezéchiel 1840 - 1848 - Voilà ce qui arrive quand on a été un méchant garçon ». Tout un programme me direz-vous... En centre de scène, trône une télé, un magnétoscope et une VHS - Vidéo Home Système (pour les plus jeunes, vous regarderez sur internet ce que c'est). La compagnie n'est pas allée jusqu'à mettre une télé à écran cathodique (on est au 21e siècle quand même) mais le petit côté rétro du magnétoscope, donne vraiment l'impression que nous allons bientôt être plongé dans un monde peu rassurant et coupé de tout repère moderne. Un lustre sinistre pendu au plafond et un vieux tapis aux coins éraillés tout droit sorti d'un marché aux puces viennent accentuer cette impression de grenier poussiéreux.

Super Freak : comment écrire un film d'horreur US sans se fatiguer. Vaste réflexion. Et bien comme dirait mon père, tous les films d'horreur peuvent se résumer ainsi : un ou des gentils se retrouvent isolés dans un endroit sordide. Cet endroit est généralement habité par un ou des méchants qui n'ont d'autre but que de trucider le ou les gentils généralement avec un instrument coupant ou contendant (voire les deux) et pas toujours propre. La seule différence entre tous ces films c'est l'instrument coupant et/ou contendant qui diffère. CQFD... Et bien grand sage est mon père car « Super Freak : comment écrire un film d'horreur US sans se fatiguer » ne fait pas exception à cette théorie. La seule différence, c'est que le but de cette comédie ne réside pas dans l'histoire en elle-même avec pour toile de fond une possible "trucidation" des personnages principaux, mais de donner aux écrivains en herbe que nous sommes les clés scénaristiques pour écrire un film d'horreur : lieux, temps, espace, personnages, histoires, présence ou non d'hémoglobine...

Pour mener leur cours magistral, les cinq comédiens vont enchaîner une multitude de personnages avec les costumes qui vont avec : un amish, une pom-pom-girl, un danseur à la coupe Mac Gyver, un Mexicain auto-stoppeur, un bad boy au jean (très) troué, des diablotins, un clown-présentateur TV, des catcheurs, un shérif, un alligator ou un crocodile... le tout dans une joyeuse cacophonie aux rythmes de gospel-tectonique. « Super Freak : comment écrire un film d'horreur US sans se fatiguer » est un spectacle aux accents volontairement maladroits, frisant les dérapages contrôlés mais très pédagogue pour qui veut percer dans le monde du scenario. De plus, surfant sur la vague de leur premier succès, la compagnie n'hésite pas à faire de petits clins d'œil à Pølår notamment le petit drapeau américain sur une plaque minéralogique. Rassurez-vous, même si vous n'avez pas vu le premier volet, vous ne serez pas perdus tant ces deux spectacles sont à la fois proches mais très différents.

Pour conclure, ce deuxième opus est plutôt réussi car il se joue sans se moquer de pas mal de stéréotypes des films d'horreur. De plus, ce spectacle tend à se démarquer de Pølår tout en gardant une essence certaine. Enfin, cette comédie s'adresse au plus grand nombre, si tant est que le public soit âgé de plus de 16 ans. Même les non amateurs de films d'horreur peuvent y aller les yeux fermés car en allant assister à ce spectacle le rire est 100% garanti (c'est même écrit sur la VHS). Au sortir de la salle j'étais même rassurée car je savais que le soir je ne regarderai pas sous mon lit avant d'aller me coucher. Et personnellement, j'avoue qu'à présent j'attends le troisième opus « La dolce vita : comment écrire une comédie Italienne sans se fatiguer ? »

Et maintenant, à vous de jouer !
Maria-Nella

Compagnie Le retour de Nabot Léon
Auteurs : Boris Begard, Thomas Lemaire, Marc Riso
Mise en scène : Marc Riso
Création lumières : Clément Duval / Création musicale : Renaud Chateauroux
Maquillage : Laureen Pilot / Chorégraphies : Le collectif
Avec : Maud Vincent, Boris Begard, Thomas Lemaire, Rémi Johnsen et Jean-Mathias Pondant

Théâtre l'Odyssée - Levallois-Perret - 21 novembre 2021