Sadako, la petite fille qui aimait courir

Inspiré d'une histoire vraie, Sadako, la petite fille qui aimait courir est un conte qui nous plonge dans le Japon de l'après-guerre. L'Empire du Soleil Levant panse encore ses plaies car le traumatisme de la bombe est encore bien présent.
A Hiroshima, Sadako tente de vivre une vie à peu près normale malgré le spectre de la bombe qui plane encore au dessus de la population meurtrie. Sadako partage son quotidien avec ses parents et son petit-frère. Elle aime imiter les grues pour faire rire ce dernier, va à l'école, joue avec ses amis et surtout, Sadako aime la course de relais. En plus de la performance physique qui la transcende, Sadako fait de chaque course un Haïku. Mais très vite la santé de Sadako décline. Le diagnostique tombe. Sadako a une leucémie. En dépit de la fatigue, Sadako se met en tête que la maladie ne va pas l'arrêter, caractéristique du mental d'acier des athlètes. Elle guérira par tous les moyens d'autant que le temps presse. La course de la grande ours a bientôt lieu et ses amis à l'école compte sur elle. Une légende prétend que si elle plie mille grues en origami en un an, son souhait de guérison se réalisera. Sadako commence alors un long travail de patience et de pliage. Mais la fatigue la gagnant de plus en plus, Sadako se rend à l'évidence. Elle ne pourra participer à la course. Néanmoins, elle passera le relais à sa binôme en lui expliquant sa tactique pour gagner. Puis, telle une grue, Sadako s'envolera dans le ciel. Touchés par son histoire, les enfants de son école vont à leur tour plier des grues de papier afin de les vendre et récolter des fonds. Et leur volonté contaminera toutes les écoles de l'archipel. Cet argent financera la construction d'un monument pour la paix des enfants, monument encore visible aujourd'hui à Hiroshima. 

L'interprétation de ce conte nous emmène réellement dans le Japon des années 50. La scène est habillée d'un décor qui n'est pas sans rappeler les maisons traditionnelles japonaises : sol en tapis tressés, en fond de scène de grands pans de lin blancs tels des paravents. Les codes couleurs au niveau des costumes sont également très soignés. On reste dans des tons très neutres poussant à l'imagination et à l'humilité. Seules les grues de papiers et le siège sur lequel Sadako se repose (quand celui-ci n'est pas habillé d'un drap couleur soie) ressortent dans des couleurs contrastantes.

L'originalité de ce conte réside principalement dans son interprétation des deux comédiennes qui ont chacune un rôle bien défini. L'une va être la narratrice principale en interprétant quasiment tous les rôles, l'autre habillera le récit de sa musique. En effet, la flûtiste donnera tantôt la réplique ou viendra illustrer l'action par de douces mélodies. En dépit de la tragédie de cette histoire, ce conte est traité avec poésie sans tomber dans la lourdeur. Le monument érigé à la mémoire de Sadko et dédié à la paix des enfants offre une vraie note d'espoir encore aujourd'hui. Bref, un conte nippon plein de poésie qui enchantera petits et grands.

Et maintenant, à vous de jouer!
Maria-Nella

Auteure et interprète : Yasmine BARGACHE
Compositrice et musicienne : Christine CHARDONNIER
Mise en scène : Edwige BAGE
Costumière : Elisabeth GIORDANO

Compagnie la Fière Allure

Théâtre de la Croisée des Chemins - 23 février 2019