Monsieur Fraize

Ce soir je me rends à l'Européen (ça tombe bien) pour assister à l'une des dernières représentations de M. Fraize. Je suis accompagnée de mon fidèle couple d'amis Soraya et Julien*. Pour tout vous dire ce sont les articles de mes copains blogueurs et une très bonne critique du canard enchaîné (qui pourtant a plutôt tendance à voler dans les plumes des spectacles quand ça lui déplaît), qui ont piqué ma curiosité.

Pour ne rien vous cacher de ce oneman show, M. Fraize, est assez compliqué à résumer, voire même à décrire. Ce personnage clownesque et surréaliste semble débarquer d'une autre planète, où les polos se boutonnent jusqu'en haut et où les pantalons en velours sont trop courts. J'avoue qu'au début, même si les gags étaient drôles, j'étais un peu déboussolée car le personnage fait voler en éclats les repères. Mais une fois qu'on y est, on ne veut plus en sortir. Car M. Fraize est en fait un enfant dans le corps d'un adulte... enfin plutôt toute une garderie d'enfants dans un corps d'adulte. C'est simple quand j'ai vu sur scène ce gaillard habillé comme un... sac (n'ayons pas peur des mots) enchaîner les gags, j'ai eu le sentiment de voir ma ribambelle de neveux et nièces me convier à leurs jeux que je ne comprends pas toujours. 

Dans son spectacle, M. Fraize enchaîne les situations ubuesques tout en engueulant son régisseur (comme par hasard un certain Michel) parce que ce n'est pas la bonne musique, la lumière, le micro, la sécurité... Et pas que le régisseur, le public en prend aussi pour son grade, pour ne pas dire plein la tronche, non sans lui déplaire. Et le comble, c'est qu'il en redemande! En outre, dans ce spectacle mêlant le masque, la danse et tous les codes du mime et du clown, M. Fraize dresse une critique amusante de la société du spectacle et de ses dérives consuméristes à travers un catalogue publicitaire "Carouf" allant des promotions sur les biscuits, en passant par la semaine de l'hygiène et surtout la photo de la viande bûche. 

Pour conclure, un spectateur nantais de passage sur Paris et assis à ma gauche en perdait son latin, pour ne pas dire son breton. Car autant le dire franchement, ce spectacle hilarant part littéralement en c(grossièreté).... Et ce au sens propre comme au sens figuré. Amis du premier rang, vous êtes prévenus. Je ne vous en dis pas plus...

Et maintenant, à vous de jouer!
Maria-Nella

De et avec M. Fraize
Mise en scène : Papy

* les prénoms ont été changés

L'Européen - 20 novembre 2018