Le (petit) avare

C'est une soirée « entente cordiale » qui m'attend. En effet, quand j'ai proposé à mon amie Anglaise Jill* installée depuis peu à Paris et mordue culture française, de m'accompagner voir le petit avare au Théo théâtre, elle n'a pas hésité à enfiler son parachute union jack et à sauter en hélico au-dessus de porte de Versailles tel Roger More dans l'espion qui m'aimait. Bon d'accord, je m'emballe un peu. Jill came by tube**.

Comme je vous l'indiquais dans un précédent article, avec le (petit) bourgeois gentilhomme et le (petit) médecin malgré lui, le (petit) avare fait partie d'une série de spectacles pour enfants, ayant pour objectif de faire découvrir les œuvres de Molière aux plus jeunes. « What a great idea ! » comme dirait Jill. Dans un « very small size » format, pas plus d'une heure, tout en respectant le texte original, deux comédiens allient danse, masques, marionnettes culinaires (rappelant le hall du Théo théâtre) et autre mime de cette œuvre du 17e.

Pour résumer l'histoire, Harpagon un riche bourgeois d'âge mûr, souffre d'un très gros défaut. Il est avare "comme un arracheur de dents" (unbeleivable!!!). Sa vie n'est rythmée que par un objectif, récupérer du bien, des sous, de l'or, du flouze, du blé, voire des livre sterlings et tout garder pour lui, quitte à vivre chichement. Le Seigneur Harpagon a deux enfants : Élise, amoureuse de Valère, l'intendant de son père, et Cléante dont le cœur est épris de la jeune Marianne (cute, isn't it ?). Les deux couples envisagent sérieusement de se dire oui devant M'sieur l'Maire et M'sieur l'Curé. Tout serait plus simple si l'avarice d'Harpagon ne venait pas contrecarrer les plans de ses deux enfants. En effet, le vieux bonhomme aimerait que sa fille épousaille certes un riche gentleman, mais... vieux, le Seigneur Anselme. Parallèlement, Harpagon a quant à lui jeté son dévolu sur... devinez... devinez... je vous le donne en mille... la jeune Marianne (What The F(grossièreté)k !!!). C'est donc un peu mal barré pour les enfants qui vont donc devoir rivaliser de malice pour anéantir les plans du paternel. Pour « couronner » le tout, Harpagon a secrètement reçu près 10.000 écus en or qu'il a placés non pas sur un compte en Suisse ou aux îles Anglo-Normandes, mais dans une cassette enterrée dans son jardin. Le mec n'a décidément peur de rien, enfin plutôt si, car sa méfiance de tout et de tous frise le délire de persécution paranoïaque. Ainsi, le protagoniste principal va lutter contre la peur de se voir dérober son bien et va user de subterfuges pour que son secret ne soit jamais découvert. « Elementary, my dear Watson! »

Dans cette version de l'œuvre de Molière, Olivier Schmidt interprète avec beaucoup de dynamisme la majorité des rôles de cette comédie qui se veut à la fois classique (intrigue, unité de temps et d'espace, respect du texte original...) et moderne (enregistrements sonores, références cinématographiques, musiques de films, accent ado ou wesh-wesh...). Séverine Wolff, dont la diction m'a particulièrement scotchée, joue principalement le rôle d'Harpagon sous un masque de la comedia dell'arte. Merci au petit clin d'œil à mes origines Napolitaines pendant un échange quelque peu Camorrien entre Valère et le Seigneur Anselme.

Bref, ce (petit) avare vaut bien la traversée de l'English Channel ou un saut en parachute au dessus de porte de Versailles. Les grands et les petits pourront ainsi découvrir ou redécouvrir Molière qui étrangement ce soir-là avait un goût de scones et de thé anglais. God save the Queen !


Et maintenant, à vous de jouer!!!
Maria-Nella

Texte : Molière
Mise en scène Florence Fouéré
Avec Olivier Schmidt et Séverine Wolff
Un spectacle proposé dans le cadre du Off du Off

*le prénom a été changé
** Jill est venue en métro

Théo théâtre - mercredi 12 août 2020
https://theotheatre.com
Tous les samedis à partir du 17 octobre 2020, à 17h00.