Le jour où j'ai appris que j'étais juif
A 10 ans, Christine une copine de Jean-François lui
affirme qu'il est Juif. Dans sa tête d'enfant cette nouvelle chamboule tout. Sans
trop savoir ce que cela signifie vraiment, bon nombre de questions vont
assaillir le petit garçon. Et s'il était le seul de sa famille ? Et si ses
parents n'étaient pas au courant? Et si ses parents étaient eux aussi juifs ?
Pourtant il est Grenoblois doté d'un nom à consonance Bretonne (Derec, ça ne
fait pas trop Polonais). Face à toutes ces interrogations, Jean-François part à
la recherche du passé de sa famille en tentant de déchiffrer les codes de son
entourage. Bien vite il va se heurter au brouillard, au silence tourmenté, à
cette obligation d'être quelqu'un de bien, à cette volonté parentale de s'intégrer coûte que coûte.
Très honnêtement sur le moment je vous avoue que j'ai eu un
peu de mal à rentrer dans l'histoire. C'est dans un deuxième temps que j'ai
pris conscience que ce seul en scène avait énormément de fond car il pose de
nombreuses questions : la recherche d'origine de cette génération post
deuxième guerre mondiale. Comment interroger ses aïeux sans réveiller des
souvenirs douloureux ? Pourquoi chercher obligatoirement à rentrer dans un moule ?
Avec une mise en scène sobre, misant sur le texte, ce
spectacle fait la part belle à l'humour notamment par le jeu de stéréotypes mais sans
tomber dans la caricature. Il traite aussi de sujets sérieux car contrebalancé
par la découverte d'un passé troublé pas si lointain.
"Le jour où j'ai appris que j'étais juif", un spectacle délicat traitant d'un sujet sérieux à travers le regard d'un petit garçon qui comprendra bien plus tard le but ultime de ses parents.
De et avec : Jean-François DEREC
Mise en scène : Georges LAVAUDANT
Théâtre de l'archipel - 7 mars 2020