Jean-Louis XIV

Les amateurs d'histoire vous le diront tous. Louis XIV avait la gâchette facile et quand je parle de "gâchette", je veux bien sûr parler de l'utilisation de son service trois pièces. Dans tout le Royaume ses frasques extra-conjugales étaient célèbres ce qui déplaisait fortement à son épouse, la Reine Marie-Thérèse d'Autriche, qui comme son nom l'indique était... Espagnole.

Le rideau se lève sur la chambre du Roi. Louis XIV est en galante compagnie. Mme de Montespan lui tient gentiment... la main. Louis souhaite faire de sa nouvelle conquête sa maîtresse officielle. Mais il y a un os. Louis a donné sa parole à la Reine : ne plus avoir de concubine. Tourmenté entre sa promesse et le désir de chaire, Louis décide de faire de Mme de Montespan sa maîtresse officieuse (ben oui, quoi? Faut bien trouver un compromis). Louis envoie donc sa protégée en terres bretonnes pour un cinq à sept incognito dans une auberge miteuse qui cache bien son jeu. Versailles étant aussi étanche qu'une passoire, la Reine a vent de l'intention d'escapade douteuse de son époux. S'en suit alors une épopée rocambolesque où Louis XIV trouve le moyen de s'engueuler avec tout le monde... même avec Dieu qui fini par descendre de son nuage, Rolex au poignet, Rayban Steve Mc Queen sur le nez, pour lui mettre la "triha" qu'il mérite.

Tout dans cette pièce est un prétexte à rigoler. Déjà, cette interprétation (très libre) de la vie extraconjugale de Louis XIV fait la part belle aux anachronismes (amis puristes, vous êtes prévenus). Puis le spectacle joue énormément sur les stéréotypes culturels. Le bourreau d'origine germanique en est la parfaite illustration. En effet, chaussettes dans les Birkenstock, il déplie sa panoplie d'instruments en mode M. Bricolage. Le Roi d'Espagne, qui débarque un peu comme un cheveu sur la soupe, se voit quant à lui interpréter du Julio Iglesias en voulant manger des tapas. Même le décors et les accessoires (super bien planqués tantôt dans les costumes, tantôt dans le décor lui-même), sont des prétextes à se marrer... même quand ce n'est pas prévu à la base. Personnellement, je tiens à souligner que les petites franges dorées du bâton de pèlerin de Louis XIV, n'ont pas été sans nous rappeler les mêmes franges qui ornaient une culotte violette à pampilles rouges et or de la comédie Cartes sur table où là encore de sombres histoires se cachaient sous les dorures...

Mention spéciale à Emmanuelle Bougerol dont le joli timbre de voix et l'accent espagnol nous ont enchanté, mais également à Nicolas Lumbreras pour l'accompagnement au piano. Car Jean-Louis XIV n'est pas qu'une simple pièce de théâtre en mode boulevard. C'est également une comédie musicale. Je tiens également à dire un grand merci pour avoir rendu un vibrant hommage aux "chauves". Cette pensée va directement à Julien* qui cet après-midi était remplacé exceptionnellement par Gabrielle*.

Pour conclure, si vous voulez vraiment vous marrer pendant le temps d'un match de foot, mettez de côté tout ce que vous savez sur Louis XIV, la Bretagne, Marie-Thérèse d'Autriche et l'étiquette. Remontez vos chaussettes mais ne faites pas péter la braguette (le souverain le fait lui-même très bien) et courrez-y!

Et maintenant, à vous de jouer!
Maria-Nella

Avec : Emmanuelle Bougerol, Constance Carrelet, Serge Da Silva, Benjamin Gauthier, Nicolas Lumbreras, Benoit Moret
Écrite et mise scène en scène : Nicolas Lumbreras

* les prénoms ont été changés

Théâtre des Béliers - 24 février 2019