Galilée, le mécano

28/09/2019

Eppur si muove... Si on m'avait dit que cette citation placée en introduction de ma dissertation de philo au bac, m'aurait également servie pour introduire un article de blog théâtre quelques années après, je ne l'aurais sans doute pas cru... 

Avant d'être le savant que l'on connait, au début de sa vie, Galilée était un prof de math, vacataire, sans le sous et un peu paumé. Ayant commencé des études de médecine, celui-ci préférait fréquenter les tavernes et faire des équations, que de se consacrer pleinement aux cours de dissection humaine au grand dam de son père. C'est à la quarantaine après avoir mis au point son "canon lunette" (la première lunette astronomique) que les regards se tournent vers Galilée. Mis au service du Doge, son instrument s'avère être un atout de poids dans la stratégie militaire. Puis utilisée à des fins scientifiques, sa lunette va remettre en doute la théorie selon laquelle la Terre n'est pas au centre de l'univers mais qu'elle tourne bien autours du soleil (WTF pour l'époque me direz-vous). Mais dans cette Italie du 16e siècle, le spectre de l'inquisition plane, Giordano Bruno en ayant fait les frais... Et Galilée se voit partagé entre la tentation de la vérité scientifique copernicienne et la menace de finir en méchoui. Galilée va donc jouer la prudence et abjurer tout en se répétant intérieurement "Eppur si muove" (et pourtant, elle tourne). L'histoire lui donnera raison...

Dans Galilée, le mécano, le public est invité à prendre un cours magistral. Je vous rassure pas au sens universitaire du terme, c'est à dire ennuyeux, sur des bancs de fac en bois qui font atrocement mal aux fesses. Au théâtre de la Reine blanche, les sièges sont confortables (on a même de la place pour les jambes). En outre, le cours auquel nous allons assister, aborde d'une façon très accessible une multitude de matières : astronomie, médecine, mathématique, histoire, art, théologie, physique, philosophie...

Dans ce seul en scène, la vie de Galilée est présenté avec humour. Il y a quelques anachronismes linguistiques et musicaux mais sans tomber dans la caricature grotesque. Tout est fait avec subtilité et légèreté. Le comédien, Jean Alibert, au look JBB (jean, blouse, baskets) présente la vie de Galilée en tant que narrateur mais également en interprétant les protagonistes principaux. Son jeu est simple, juste et équilibré entre les scènes d'humour et les scènes plus tragiques. 

La mise en scène fait le pari de la modernité pour conter cette histoire datant pourtant de plusieurs siècle. Au début, le spectacle ne commence pas sur scène mais entre le plateau et le premier rang. Le comédien invite le public a faire la révolution, puis dans le droit fil de la rupture du quatrième mur, à faire une lecture de deux textes en totale contradiction.

Sur scène 12 suspensions en forme de cercle rappelant un système solaire viennent renforcer la touche astrale de ce spectacle. Le comédien se plaçant au centre, les ampoules en allégories stellaires gravitent autours de l'acteur. Un I-pad côtoie de vieux livres et autres accessoires séculaires, mélange de modernité et d'ancien. 

Galilée, le mécano. Un seul en scène savoureux, où tous les amoureux des lettres et des sciences se reconnaîtront.


Et maintenant, à vous de jouer!
Maria-Nella

Articolo dedicato a mia cara nonna che portava un cognome di circonstanza : Stella.

Texte : Marco PAOLINI, Francesco NICCOLINI et Michela SIGNORI
Mise en scène : Gloria PARIS
Avec : Jean ALIBET
Scénographie et lumières : Roxanne MIRZA
Création sonore : Anouk AUDART
Production RB/D Productions

Théâtre de la Reine Blanche - 28 septembre 2019

https://www.reineblanche.com/calendrier/theatre/galilee-le-mecano