De quoi je me mêle?

23/06/2019

C'est sous une chaleur étouffante que je m'apprête à assister à la première de la pièce De quoi je me mêle au théâtre Edgar. Et au regard des températures régnant à la fois dans et hors du théâtre, c'est mon précieux éventail japonais offert par ma chère belle-sœur Yoko qui sera du voyage.

Mathieu (Joseph GALLET) et Marion (Nathalie TASSERA) en couple depuis 10 ans mais au bord de la rupture, décide pour se rabibocher de revivre le weekend de leur rencontre. A leur arrivée dans le théâtre du début de leur idylle, (une jolie maison de campagne où tout est figé depuis une décennie, même l'air ambiant sentant le fennec), notre petit couple commence à rejouer les scènes de leur rencontre. Le weekend semble donc bien s'annoncer et on se prête même à rêver d'une issue heureuse. Mais le destin va venir jouer les troubles fêtes en la personne de Pierre (Pascal ROCHER), un écrivain sans succès, aux textes plus que joyeux et proche du suicide. Le problème c'est que Pierre a loué la même maison que Marion et Mathieu et ce pour le même weekend. En outre, ni Marion, ni Mathieu, ni Pierre ne comptent lâcher le morceau. Et si Pierre doit partir, il compte bien le faire mais les pieds devant, histoire de bien em(grossièreté)der ses colocs. Forcés de cohabiter, s'ensuit une psychanalyse pour nos trois personnages où une précieuse chaise longue fera office de canapé de psy.

Jouant sur les stéréotypes, les trois comédiens semblent prendre beaucoup de plaisir à nous faire virevolter entre crise de nerfs, séances de psy et tentative de sauvetage désespérées. Pascal Rocher excelle dans le rôle de l'écrivain raté, dépressif et au bord du suicide. Joseph Gallet incarne avec brio le geek casque de musique vissé sur la tête et qui joue inlassablement Hôtel Califonia. Nathalie Tassera anime le tout avec ses crises de nerfs, son obsession du contrôle et ses méthodes de maîtresse d'école.

Dans cette comédie assez barrée à la mise en scène légère malgré les drames qui s'y jouent, on retrouve des codes faisant parfois échos à une pièce assez voisine "dîner de famille" (cf. article) : un décor est très soigné (extérieur d'une petite maison de campagne avec son saule pleureur qui a bien grandi en 10 ans) ; des personnages radicalement différents et qui alimentent la poudrière narrative ; des twists assez bien pensés tout au long de l'histoire et un texte comportant quelques petites perles très bien amenées et qui ont fait hurler de rire un public chaud bouillant (dans tous les sens du terme). Et la mayonnaise prend et même plutôt bien malgré la chaleur. En une phrase : une comédie à savourer comme une bonne bolognaise... ou plutôt comme una granita fresca.

Et maintenant, à vous de jouer!!!

Marie-Nella

PS : pour l'anecdote, pour la première fois de ma vie on m'a demandé en mariage au cours de cette pièce. Enfin je dirais plutôt, on nous a demandé en mariage... moi et mon éventail 😊😊😊

De Joseph GALLET et Pascal ROCHER
Avec Joseph GALLET, Pascal ROCHER et Nathalie TASSERA
Mise en scène Catherine MARCHAL
Décors : Caroline LOWENBACH
Costumes : Arnaud CARON

Théâtre Edgard - 23 juin 2019